
Vous êtes à Montréal, la maison est en Charente, et la tondeuse n'a pas de passeport. Bonne nouvelle : la vente, si.
Vous vivez à l'autre bout du monde et votre maison attend en France, volets fermés. Vendre à distance est tout à fait possible, à condition d'organiser les visites, les signatures et la fiscalité.
Organiser le bien sur place
Un bien inoccupé se dégrade et se présente mal. Avant la mise en vente, il faut le faire vérifier, l'entretenir (jardin, aération, chauffage hors gel) et réaliser les diagnostics obligatoires. Un interlocuteur de confiance sur place gère les visites et les éventuels imprévus.
Prévenez aussi votre assureur : un logement vide pendant longtemps n'est pas toujours couvert dans les mêmes conditions. Et regroupez dès maintenant les documents que le notaire demandera : titre de propriété, factures de travaux, diagnostics, derniers avis de taxe foncière.
Signer sans revenir en France
Trois solutions existent pour signer la promesse et l'acte de vente :
Depuis le décret du 20 novembre 2020, un notaire français peut établir une procuration authentique par visioconférence, signée électroniquement, sans que vous vous déplaciez. Vous désignez une personne, souvent un collaborateur de l'office notarial, qui signe à votre place.
Devant un notaire ou une autorité locale, avec la légalisation ou l'apostille exigée selon le pays. Demandez d'abord au notaire chargé de la vente la forme qu'il accepte, pour éviter un document refusé.
Vous pouvez signer dans l'office notarial de votre choix ; l'acte électronique permet à l'acheteur et au vendeur de signer chacun chez son notaire.
Une procuration doit être précise : le bien, le prix minimum accepté, les conditions de la vente. Une procuration trop vague bloque la signature le jour venu.
Vendre à distance est tout à fait possible, à condition de l'organiser.
La fiscalité des non-résidents
La plus-value réalisée en France par un non-résident est imposée en France. Les règles publiées par l'administration fiscale (mise à jour de janvier 2026) sont les suivantes :
- Exonérations : sous conditions, pour la vente de votre ancienne résidence principale, ou dans la limite de 150 000 € de plus-value.
- Représentant fiscal : il n'est pas nécessaire si vous vivez dans l'Union européenne, en Islande ou en Norvège, si le prix ne dépasse pas 150 000 €, ou si la vente est exonérée grâce à la durée de détention. Sinon, il faut désigner un représentant accrédité, ce qui a un coût et prend du temps.
Le notaire calcule l'impôt, le déclare et le verse lors de la vente.
Attention à la double imposition. Votre pays de résidence peut aussi imposer cette plus-value ; la convention fiscale entre les deux pays l'évite en général. Interrogez le notaire, et votre conseiller sur place, dès le début.
Un exemple chiffré
Exemple fictif, calculé selon ces règles. Une maison achetée 200 000 € en 2012, vendue 290 000 € en 2026 par une personne qui vit au Canada, soit 14 ans de détention. Sans justificatifs, on peut ajouter au prix d'achat un forfait de 7,5 % pour les frais d'acquisition et de 15 % pour les travaux (bien détenu depuis plus de 5 ans).
Exemple chiffré : vendeur résidant au Canada, 14 ans de détention
| Prix de vente | 290 000 € |
| Prix d'achat retenu (200 000 € + forfaits 7,5 % et 15 %) | 245 000 € |
| Plus-value | 45 000 € |
| Impôt : 19 % de 20 700 € (abattement de 54 %) | ≈ 3 930 € |
| Prélèvements : 17,2 % de 38 318 € (abattement de 14,85 %) | ≈ 6 590 € |
| Total à payer | ≈ 10 520 € |
Il faut en plus désigner un représentant fiscal. Le même vendeur affilié à la sécurité sociale d'un pays de l'Union européenne paierait environ 2 870 € de prélèvements au lieu de 6 590 €, soit environ 6 800 € au total, sans représentant fiscal.
Vendre plus vite quand on est loin
À distance, chaque mois de vente coûte : taxe foncière, assurance, entretien, risque d'occupation illicite. Vendre à un acheteur qui ne pose pas de condition de prêt, ou à un professionnel, peut être plus rassurant qu'une longue commercialisation, même à un prix légèrement inférieur. On compare les deux scénarios.
Les erreurs à éviter
- Attendre la promesse de vente pour parler fiscalité : la désignation d'un représentant fiscal se prépare à l'avance.
- Laisser le bien sans surveillance : une fuite ou une intrusion découverte au moment d'une visite fait fuir l'acheteur.
- Signer une procuration trop large ou trop vague : elle doit dire précisément ce que la personne peut accepter.
- Oublier de signaler votre résidence fiscale au notaire : elle change le calcul de l'impôt.
Notre approche
Nous faisons le point sur votre bien, son état et son marché, et nous vous aidons à organiser la vente à distance, en lien avec le notaire, pour que vous n'ayez pas à multiplier les allers-retours.
Questions fréquentes
Peut-on vendre un bien en France sans s'y déplacer ?
Oui, grâce à une procuration : un notaire français peut l'établir à distance, par visioconférence et signature électronique.
Où signer une procuration quand on vit à l'étranger ?
À distance avec un notaire français, ou devant une autorité de votre pays avec la légalisation ou l'apostille demandée ; le notaire chargé de la vente vous indique la forme qu'il accepte.
Un non-résident paie-t-il l'impôt sur la plus-value en France ?
Oui : 19 % d'impôt et des prélèvements sociaux de 17,2 % ou 7,5 % selon votre situation, après abattements pour durée de détention. Le notaire s'en charge lors de la vente.
Faut-il toujours un représentant fiscal ?
Non. Il n'en faut pas si vous vivez dans l'Union européenne, en Islande ou en Norvège, si le prix ne dépasse pas 150 000 €, ou si la plus-value est totalement exonérée par la durée de détention.
Qui fait visiter le bien quand on vit à l'étranger ?
Un professionnel mandaté, ou une personne de confiance sur place. L'essentiel est qu'elle connaisse le bien, ses diagnostics et ses défauts, pour répondre aux questions des acheteurs sans attendre votre retour.
Votre bien ressemble à ce cas ?
Parlez-nous-en : on regarde le dossier avec vous, sans engagement.
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